Frais de déplacement

Notes de frais BTP en 2026 : barèmes, indemnités et remboursements

Farouk Hamzaoui |

En résumé : Dans le BTP, les frais professionnels peuvent être remboursés au réel ou par des indemnités forfaitaires. En 2026, les plafonds URSSAF varient selon la nature des dépenses et les conditions de déplacement. Les entreprises doivent également respecter les indemnités prévues par leur convention collective et éviter les doubles remboursements.


Dans le bâtiment et les travaux publics, les déplacements font partie du quotidien. Ouvriers, chefs de chantier, conducteurs de travaux et techniciens interviennent sur des sites parfois éloignés du siège de leur entreprise. Ces missions génèrent des dépenses de transport, de restauration et d'hébergement, auxquelles s'ajoutent les achats ponctuels nécessaires au fonctionnement des chantiers.

Pour les services comptables et les directions financières, leur remboursement demande une attention particulière. Entre les frais réels, les barèmes URSSAF et les indemnités prévues par les conventions collectives, plusieurs règles coexistent. Une erreur de calcul ou un remboursement en double peut entraîner des coûts supplémentaires et un redressement lors d'un contrôle.

Comment gérer les notes de frais dans le BTP en 2026 ? Voici les règles applicables en France, les montants à connaître et les bonnes pratiques pour maîtriser les dépenses de chaque chantier.

Quels frais passent en note de frais dans le BTP ?

Une note de frais permet à un salarié de demander le remboursement d'une dépense engagée dans l'intérêt de son entreprise. Dans le BTP, ces dépenses doivent correspondre à des besoins professionnels justifiés et respecter les règles internes de remboursement.

Les principales catégories sont les suivantes :

  • Les frais de déplacement : billets de train, transports en commun, taxis, frais kilométriques, péages et stationnement lors des déplacements professionnels.
  • Les frais de restauration : repas pris à l'extérieur de l'entreprise, notamment lorsque le salarié travaille sur un chantier éloigné.
  • Les frais d'hébergement : nuitées d'hôtel ou autres solutions de logement nécessaires aux grands déplacements.
  • Les dépenses ponctuelles sur chantier : petits consommables ou fournitures achetés exceptionnellement par un salarié avec l'autorisation de son responsable.

 

Simplifiez le suivi des dépenses chantier avec SAP Concur

Centralisez les notes de frais, automatisez les contrôles et rattachez chaque dépense au bon chantier ou centre de coûts. SAP Concur aide les entreprises du BTP à gagner du temps, réduire les erreurs et améliorer la visibilité sur leurs coûts de déplacement.
 

Découvrir Concur Expense

Les dépenses liées aux équipements de protection individuelle (EPI), à l'outillage ou aux matériaux de construction relèvent normalement du processus d'achat de l'entreprise. Elles doivent être commandées auprès des fournisseurs habituels et imputées au chantier concerné.

Une exception peut toutefois se présenter lorsqu'un salarié doit effectuer un achat urgent pour éviter l'interruption des travaux. Dans ce cas, la dépense peut être traitée par note de frais, sous réserve d'une autorisation et d'un justificatif conforme.

Pour approfondir les règles générales, consultez notre guide consacré aux notes de frais.

Quelle différence entre note de frais et indemnités de déplacement dans le BTP ?

Dans le BTP, trois mécanismes doivent être distingués : le remboursement des frais réels, les allocations forfaitaires et les indemnités conventionnelles.

Le remboursement des frais réels

Le salarié avance une dépense professionnelle, puis demande son remboursement en présentant un justificatif. Par exemple, un conducteur de travaux réserve une chambre d'hôtel à 95 € pour une mission éloignée de son domicile. Il transmet la facture à son employeur, qui rembourse la dépense conformément aux règles applicables.

Ce dispositif permet de rembourser les dépenses effectivement engagées et justifiées. Il nécessite cependant un suivi des justificatifs et des validations.

Les allocations forfaitaires encadrées par l'URSSAF

L'employeur peut également verser des allocations forfaitaires destinées à couvrir certaines dépenses professionnelles. L'URSSAF fixe des limites d'exonération de cotisations sociales, actualisées chaque année. Ces plafonds ne constituent pas des montants que toutes les entreprises seraient automatiquement tenues de verser.

Si une allocation dépasse le plafond applicable, sa fraction excédentaire peut être soumise à cotisations. La situation doit être examinée selon la nature de l'indemnité et les justificatifs disponibles.

Les indemnités de petits déplacements prévues par les conventions collectives

Dans le bâtiment et les travaux publics, les ouvriers concernés peuvent bénéficier de trois indemnités conventionnelles :

  • L'indemnité de repas, souvent appelée prime de panier, destinée à couvrir les frais supplémentaires de restauration.
  • L'indemnité de transport, qui compense forfaitairement les frais engagés pour se rendre sur le chantier et en revenir.
  • L'indemnité de trajet, qui indemnise la contrainte liée à la nécessité de se rendre quotidiennement sur un chantier.

Les indemnités de trajet et de transport sont distinctes. La première rémunère une sujétion professionnelle, tandis que la seconde correspond à une dépense de transport.

Leur montant dépend de la convention collective applicable et des accords régionaux ou départementaux.

Dans le bâtiment, les conventions prévoient généralement un système de cinq zones concentriques, espacées de 10 km et mesurées à vol d'oiseau à partir du point de référence conventionnel. Certains accords subdivisent la première zone en 1A et 1B ou prévoient des zones supplémentaires. L'entreprise doit vérifier l'accord applicable à sa région, à son activité et à ses salariés.

Tableau comparatif des trois modes de remboursement

Mode de remboursement

Principe

Justificatifs

Point de vigilance

Frais réels

Remboursement des dépenses professionnelles effectivement engagées

Factures, tickets ou autres pièces probantes

Justifier la dépense et éviter les doublons

Allocation forfaitaire

Versement d'une somme prédéfinie pour couvrir des frais professionnels

Justification de la situation professionnelle et des conditions ouvrant droit au forfait

Respecter les limites d'exonération URSSAF

Indemnités conventionnelles BTP

Versement des indemnités prévues par les accords collectifs applicables

Chantier, présence, zone et conditions d'attribution

Appliquer les bons montants et distinguer repas, trajet et transport

Ces dispositifs peuvent coexister dans l'entreprise. Leur articulation doit toutefois éviter de financer deux fois une même dépense.

Attention au cumul entre prime de panier et repas au réel

Prenons le cas d'un ouvrier qui bénéficie d'une indemnité conventionnelle de repas de 12 € par jour. Lors d'une journée sur chantier, il déjeune au restaurant et transmet une note de frais de 18 €. Si l'entreprise lui verse les 12 € de panier et rembourse également les 18 € au réel, elle débourse 30 € pour un repas ayant coûté 18 €.

Ce cumul doit être contrôlé au regard des dispositions conventionnelles et des conditions de prise en charge du repas. Lorsque l'employeur assume déjà la totalité du coût de restauration, l'indemnité de repas conventionnelle peut ne pas être due.

Une politique de remboursement doit donc préciser le traitement des repas pris en charge directement, des repas remboursés au réel et des indemnités forfaitaires.

Quel plafond pour un repas sur chantier en 2026 ?

En 2026, l'URSSAF distingue trois situations donnant lieu à des limites d'exonération différentes.

Situation professionnelle

Plafond d'exonération URSSAF 2026

Salarié contraint de prendre son repas sur son lieu de travail en raison de conditions particulières d'organisation ou d'horaires

7,50 €

Salarié en déplacement professionnel prenant son repas hors des locaux, sans être contraint de manger au restaurant

10,40 €

Salarié en déplacement professionnel contraint de prendre son repas au restaurant

21,40 €

Source : URSSAF, frais professionnels et indemnités de repas 2026.

Repas pris sur le chantier

Lorsqu'un ouvrier travaille à l'extérieur de l'entreprise et ne peut pas rentrer à son domicile ou sur son lieu habituel de travail pour déjeuner, le plafond généralement applicable à une indemnité de repas pris hors restaurant est de 10,40 € en 2026.

Le plafond de 7,50 € concerne une autre situation : celle des salariés contraints de prendre leur repas sur leur lieu effectif de travail en raison d'horaires ou de conditions d'organisation particuliers.

Le seul fait de déjeuner sur un chantier ne suffit donc pas à appliquer automatiquement ce dernier montant.

Repas pris au restaurant

Le plafond de 21,40 € par repas s'applique lorsque les circonstances du déplacement obligent réellement le salarié à se restaurer au restaurant.

Cette contrainte doit pouvoir être démontrée. Le fait de choisir volontairement un restaurant ne permet pas, à lui seul, de bénéficier du plafond le plus élevé.

Quelle différence avec la prime de panier ?

Le montant de la prime de panier fixé par un accord collectif peut être supérieur ou inférieur au plafond URSSAF. Par exemple, si un accord conventionnel prévoit un panier de 12 € et que les conditions ouvrent droit au plafond d'exonération de 10,40 €, la différence de 1,60 € doit être examinée pour son traitement social.

L'entreprise doit respecter le montant conventionnel dû au salarié tout en appliquant les règles de cotisations correspondantes. Pour davantage de précisions, consultez notre article sur le remboursement frais de repas.

Quel est le barème URSSAF 2026 du grand déplacement ?

Un salarié est considéré en situation de grand déplacement lorsqu'il est empêché de regagner quotidiennement sa résidence habituelle en raison de son affectation professionnelle. L'URSSAF prévoit une présomption de grand déplacement lorsque deux conditions sont réunies :

  • La distance entre le domicile et le lieu de mission est au moins égale à 50 km, sur le trajet aller ou retour.
  • Les transports en commun ne permettent pas d'effectuer ce trajet en moins de 1 h 30, à l'aller ou au retour.

Ces critères constituent une présomption. Certaines circonstances particulières peuvent également établir l'impossibilité de regagner le domicile, même si les deux critères ne sont pas simultanément remplis. Dans le BTP, cette situation concerne notamment les ouvriers envoyés plusieurs semaines sur un chantier situé dans une autre région.

Barème URSSAF des grands déplacements en France métropolitaine en 2026

Les plafonds d'exonération forfaitaire évoluent en fonction de la durée d'affectation sur un même lieu de travail.

Durée du déplacement

Repas (par repas)

Logement et petit-déjeuner à Paris et dans les départements 92, 93 et 94

Logement et petit-déjeuner dans les autres départements

Trois premiers mois

21,40 €

76,60 €

56,80 €

Du 4e au 24e mois

18,20 €

65,10 €

48,30 €

Du 25e au 72e mois

15,00 €

53,60 €

39,80 €

Source : URSSAF, barème des frais professionnels 2026.

Les limites sont réduites de 15 % après trois mois, puis de 30 % après vingt-quatre mois. Au-delà de six ans d'affectation, le régime d'exonération forfaitaire de grand déplacement ne s'applique plus.

Ces montants concernent la France métropolitaine. Des règles spécifiques existent pour l'outre-mer et les déplacements internationaux.

Exemple de calcul pour un chantier éloigné

Un chef de chantier basé à Lyon est envoyé travailler à Bordeaux pendant cinq jours. Il doit passer quatre nuits sur place et prendre huit repas professionnels. Pour un déplacement intervenant durant les trois premiers mois de son affectation, les plafonds forfaitaires sont les suivants :

  • Repas : 8 × 21,40 € = 171,20 €.
  • Hébergement et petit-déjeuner : 4 × 56,80 € = 227,20 €.
  • Total : 398,40 €.

À cette somme peuvent s'ajouter les frais de transport, selon les modalités de prise en charge retenues. Cet exemple correspond aux limites d'exonération applicables aux repas et nuitées retenus, sous réserve que les conditions du grand déplacement soient remplies.

Pourquoi l'ordre de mission est-il important ?

Pour justifier un grand déplacement, l'entreprise doit pouvoir démontrer la réalité de l'affectation et l'impossibilité pour le salarié de regagner son domicile quotidiennement.

Un ordre de mission permet de formaliser notamment :

  • L'identité du salarié et le chantier concerné.
  • Les dates de début et de fin de mission.
  • Le lieu de départ et la destination.
  • Les modalités de transport et d'hébergement.
  • Les conditions de prise en charge des dépenses.

L'ordre de mission constitue une preuve utile en cas de contrôle. Il doit être complété, si nécessaire, par des éléments établissant les conditions réelles du déplacement.

Comment rembourser les frais kilométriques des salariés du BTP ?

Les entreprises du BTP doivent distinguer les déplacements effectués avec un véhicule personnel de ceux réalisés avec un véhicule mis à disposition par l'employeur.

Utilisation du véhicule personnel

Lorsqu'un salarié utilise son véhicule personnel pour les besoins de son activité professionnelle, l'entreprise peut lui verser des indemnités kilométriques.

Leur calcul repose sur plusieurs critères :

  • La puissance fiscale du véhicule.
  • La distance professionnelle parcourue.
  • Le type de motorisation.

En 2026, le barème fiscal applicable à une voiture thermique, hybride ou à hydrogène de 5 CV prévoit :

Kilométrage professionnel annuel

Formule

Jusqu'à 5 000 km

d × 0,636 €

De 5 001 à 20 000 km

(d × 0,357 €) + 1 395 €

Au-delà de 20 000 km

d × 0,427 €

La variable d correspond au nombre de kilomètres professionnels parcourus dans l'année.

Le barème applicable aux véhicules entièrement électriques est majoré de 20 %.

Par exemple, pour 4 000 km professionnels parcourus avec un véhicule thermique de 5 CV, l'indemnisation calculée au barème représente 2 544 €.

Le barème couvre notamment le carburant, l'entretien, l'assurance et la dépréciation du véhicule. Les frais de péage et de stationnement peuvent être pris en charge séparément, sous réserve de justificatifs.

Utilisation d'un véhicule de société

Lorsque l'entreprise met un véhicule à disposition du salarié et supporte ses frais d'utilisation, celui-ci ne peut pas demander une indemnité kilométrique calculée comme s'il utilisait son véhicule personnel. Les dépenses concernées sont généralement prises en charge directement par l'entreprise : carburant, entretien, assurance ou péages.

La récupération de TVA dépend notamment de la catégorie du véhicule et de la nature de la dépense. Pour les carburants courants, la TVA est généralement déductible à hauteur de :

  • 80 % pour les véhicules de tourisme, sous réserve des règles applicables.
  • 100 % pour les véhicules utilitaires ouvrant droit à déduction, lorsque les conditions fiscales sont réunies.

La TVA sur les péages professionnels peut également être récupérée lorsque l'entreprise dispose d'une pièce conforme et respecte les conditions de déduction. Pour les reçus de péage unitaires, des mentions particulières sont nécessaires.

Attention au cumul avec l'indemnité de transport

L'indemnité conventionnelle de transport et les frais kilométriques ne doivent pas conduire à rembourser deux fois un même trajet. Par exemple, si l'entreprise rembourse déjà les frais de transport engagés pour rejoindre un chantier, elle doit vérifier si l'indemnité conventionnelle de transport reste due.

En revanche, un salarié peut effectuer dans la même journée plusieurs trajets de nature différente, dont certains relèvent des indemnités conventionnelles et d'autres d'un déplacement professionnel spécifique. La nature de chaque trajet doit être documentée.

Quels justificatifs garder pour un contrôle URSSAF ?

Dans le BTP, la multiplication des chantiers et des salariés mobiles rend la traçabilité des frais particulièrement importante. Pour sécuriser les remboursements, une entreprise doit conserver les documents permettant d'établir la réalité des dépenses et leur caractère professionnel.

Les informations à enregistrer

Chaque déclaration de frais doit permettre d'identifier :

  • Le salarié qui a engagé la dépense.
  • La date et la nature de la dépense.
  • Le montant remboursé.
  • Le motif professionnel et le chantier concerné.
  • Le mode de remboursement retenu.
  • Le justificatif, lorsqu'il est nécessaire.
  • La validation du responsable habilité.

Pour les frais kilométriques, il faut également enregistrer les lieux de départ et d'arrivée, les distances parcourues et les caractéristiques du véhicule. Pour les indemnités forfaitaires, les feuilles de présence, les affectations et les ordres de mission permettent de documenter les conditions d'attribution.

Un justificatif de note de frais conforme facilite également la justification comptable et fiscale de la dépense.

Peut-on numériser les justificatifs ?

Les justificatifs papier peuvent être numérisés et conservés électroniquement, sous réserve de respecter les exigences réglementaires applicables. Pour les factures papier, l'article A. 102 B-2 du Livre des procédures fiscales encadre notamment la reproduction fidèle, l'intégrité et la conservation des documents.

Une simple photographie enregistrée dans un dossier partagé ne garantit donc pas, à elle seule, la conformité de l'archivage. Les pièces justificatives comptables doivent en principe être conservées pendant 10 ans à compter de la clôture de l'exercice, conformément au Code de commerce.

Quel impact de la facturation électronique depuis septembre 2026 ?

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être capables de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire sont également soumises à l'obligation d'émission.

L'obligation d'émission s'étendra aux PME et aux microentreprises le 1er septembre 2027.

Cette réforme concerne également certaines dépenses engagées par les salariés. Pour les frais de restaurant, la DGFiP distingue plusieurs cas :

  • Le salarié règle son repas comme un particulier : il conserve un ticket pour sa note de frais. L'opération ne donne pas automatiquement lieu à une facture électronique adressée à l'entreprise.
  • Le salarié demande une facture au nom de son entreprise : lorsqu'elle relève de l'obligation de facturation électronique, la transaction doit être traitée par la plateforme agréée de l'entreprise.
  • Le salarié avance les frais alors qu'une facture électronique est également reçue : l'entreprise doit rapprocher les documents pour éviter une double comptabilisation.

Les tickets de péage unitaires conservent un traitement particulier, tandis que les abonnements professionnels peuvent donner lieu à des factures électroniques. Cette évolution renforce la nécessité de rapprocher les notes de frais des factures fournisseurs.

Les erreurs susceptibles de provoquer un redressement

Plusieurs situations doivent faire l'objet de contrôles réguliers :

  • Un salarié perçoit une prime de panier et obtient le remboursement intégral du même repas.
  • Une indemnité forfaitaire bénéficie d'une exonération alors que les conditions professionnelles ne sont pas remplies.
  • Un salarié perçoit des frais kilométriques et une indemnité de transport couvrant le même trajet.
  • Une dépense personnelle est déclarée comme professionnelle.
  • Un justificatif est absent, incomplet ou utilisé plusieurs fois.
  • Un barème conventionnel obsolète est appliqué.

La mise en place de contrôles avant remboursement permet de réduire ces risques.

Comment rattacher chaque note de frais au bon chantier ?

Dans une entreprise du BTP, le suivi des frais professionnels intervient directement dans le calcul de la rentabilité des chantiers. Un déplacement mal imputé peut fausser les coûts d'un projet et rendre plus difficile l'analyse des écarts budgétaires.

Rendre le code chantier obligatoire

Chaque dépense doit être associée à un chantier ou à une affaire identifiable dans le système de gestion. Lorsqu'un salarié transmet une note de frais, il sélectionne le code correspondant à son intervention.

Par exemple, un conducteur de travaux qui supervise trois chantiers peut engager des frais de déplacement pour chacun d'entre eux. L'imputation doit permettre de répartir ces dépenses entre les projets concernés, plutôt que de les enregistrer globalement.

Comparer les dépenses réelles aux budgets

Une fois les notes de frais affectées aux bons chantiers, les responsables financiers peuvent suivre plusieurs indicateurs :

  • Le montant des frais de déplacement par chantier.
  • Le coût des repas et des hébergements.
  • Les dépenses moyennes par salarié.
  • Les écarts entre le budget initial et les dépenses réellement engagées.
  • L'évolution des coûts au cours des différentes phases du chantier.

Ces informations permettent de repérer les dépassements et d'améliorer les estimations financières des futurs projets.

Gérer les entreprises multi-entités

Pour les groupes du BTP disposant de plusieurs filiales ou établissements, le suivi doit également distinguer l'entité juridique qui supporte la dépense.

Une note de frais peut ainsi être associée à un salarié, à un établissement, à un centre de coûts et à un chantier.

Cette organisation facilite la consolidation financière tout en conservant le niveau de détail nécessaire à chaque entité.

Quel logiciel de note de frais choisir pour une entreprise du BTP ?

La gestion manuelle des notes de frais devient rapidement complexe lorsqu'une entreprise compte plusieurs dizaines de salariés répartis sur différents chantiers. Les tableaux Excel, les tickets papier et les échanges par e-mail multiplient les opérations de saisie et les risques d'erreur.

Un logiciel adapté au BTP doit répondre à plusieurs critères.

1. Une application mobile accessible sur chantier

Les salariés doivent pouvoir déclarer leurs dépenses directement depuis leur smartphone, photographier leurs justificatifs et suivre le traitement de leurs demandes. L'utilisation d'une application mobile évite l'accumulation des tickets et réduit les délais de transmission.

2. La reconnaissance automatique des justificatifs

La technologie d'OCR note de frais permet d'extraire automatiquement certaines informations présentes sur les factures et les tickets : date, montant, fournisseur ou TVA. Elle limite la saisie manuelle et facilite les contrôles.

3. La prise en compte des barèmes

Le logiciel doit permettre de paramétrer les plafonds URSSAF, les indemnités conventionnelles applicables et les règles internes de remboursement. Pour le BTP, il est particulièrement important de pouvoir distinguer les indemnités de repas, de trajet et de transport, ainsi que les zones géographiques conventionnelles.

4. L'imputation des dépenses par chantier

Chaque note de frais doit pouvoir être rattachée à un code chantier ou à un centre de coûts. Cette fonction facilite le suivi budgétaire et la répartition des dépenses entre les projets.

5. La gestion des ordres de mission

Les déplacements nécessitant une autorisation préalable doivent pouvoir être documentés. Un processus de validation contribue à anticiper les frais de transport et d'hébergement avant le départ du salarié.

6. L'intégration aux logiciels de paie et aux ERP

La transmission des informations aux systèmes de paie et de comptabilité limite les doubles saisies. Elle facilite également la distinction entre les sommes soumises à cotisations, les remboursements de frais et les indemnités conventionnelles.

 

SAP Concur pour la gestion des notes de frais dans le BTP

Avec Concur Expense, les entreprises peuvent automatiser la collecte des justificatifs, les circuits de validation et le traitement des dépenses professionnelles. La solution permet également de structurer les informations nécessaires au suivi analytique des dépenses et de s'intégrer aux systèmes financiers de l'entreprise.

 

Pour les organisations du BTP, le déploiement doit notamment prévoir le paramétrage des catégories de frais, des règles conventionnelles et des codes chantier.

 

Les entreprises doivent appliquer les indemnités prévues par les accords collectifs, tenir compte des plafonds URSSAF et s'assurer que chaque remboursement correspond à une dépense professionnelle justifiée. La réforme de la facturation électronique renforce également les exigences de rapprochement entre factures et notes de frais.

Pour les directions financières, l'objectif consiste à disposer d'informations fiables sur les dépenses engagées et leur affectation aux différents chantiers. En automatisant la collecte, les contrôles et les validations, SAP Concur aide les entreprises du BTP à simplifier la gestion de leurs notes de frais, à améliorer la visibilité sur les coûts et à sécuriser leurs processus de remboursement.

FAQ

Peut-on cumuler une prime de panier et une note de frais repas ?

Le cumul doit être examiné selon les dispositions conventionnelles et les conditions de prise en charge. Lorsqu'un repas est déjà entièrement payé ou remboursé par l'employeur, l'indemnité conventionnelle de repas peut ne pas être due. L'entreprise doit éviter de rembourser deux fois une même dépense.

 

Quelle différence entre petit et grand déplacement dans le BTP ?

Le petit déplacement concerne généralement les salariés qui se rendent sur un chantier et peuvent regagner leur domicile chaque jour. Le grand déplacement correspond à une situation dans laquelle le salarié est empêché de rentrer quotidiennement chez lui. Pour l'URSSAF, une distance d'au moins 50 km et un trajet d'au moins 1 h 30 en transports en commun fondent une présomption de grand déplacement.

 

Les indemnités de trajet et de transport sont-elles imposables ?

L'indemnité de trajet conventionnelle indemnise une sujétion professionnelle et présente généralement un caractère salarial : elle entre donc en principe dans l'assiette des cotisations et dans le revenu imposable. L'indemnité de transport correspond à des frais professionnels et peut bénéficier d'une exonération sous certaines conditions. Son traitement dépend notamment de la justification des déplacements et des limites applicables.

 

Faut-il garder les tickets papier ?

Une entreprise peut conserver ses justificatifs sous forme électronique si la numérisation et l'archivage respectent les exigences réglementaires. Les pièces justificatives comptables doivent en principe être conservées pendant 10 ans. Une photographie ou un scan ne suffit pas à garantir la conformité du dispositif d'archivage.

 

Peut-on être remboursé au réel au-delà du forfait grand déplacement ?

Oui. Les montants URSSAF correspondent aux plafonds d'exonération des allocations forfaitaires. Un employeur peut rembourser des frais professionnels réels supérieurs à ces montants lorsqu'ils sont justifiés, nécessaires et correspondent à des dépenses effectivement engagées. Le traitement social doit alors être établi sur la base des justificatifs, en évitant tout double remboursement.

Frais de déplacement
Le per diem permet d’indemniser un salarié en déplacement professionnel grâce à un forfait journalier défini à l’avance. Repas, hébergement, frais accessoires : son périmètre dépend de la politique in
Poursuivre la lecture
Frais de déplacement
En 2025, la gestion des déplacements professionnels en Île-de-France connaît une transformation significative avec l'évolution du Navigo Liberté+.
Poursuivre la lecture
Frais de déplacement
Session de rappel et guide pratique pour tout savoir sur les frais kilométriques 2024 et leurs dernières mises à jour.
Poursuivre la lecture