Qu’est-ce que le bleisure ?

Contraction des mots leisure et business, le bleisure est un néologisme anglais dont on entend de plus en plus parler dans les entreprises françaises. Il s'agit de donner la possibilité aux salariés d'inclure dans un déplacement professionnel un temps d'agrément personnel qui peut se passer avant ou après un voyage. Prenons un exemple : si vous avez un déplacement de trois jours à New York, vous pouvez décaler votre vol retour de quelques heures afin de profiter d'un peu de temps sur place pour visiter la ville à votre guise. C'est un modèle qui est courant dans les déplacements pour des colloques, des conférences ou des salons, car le salarié peut rester quelques jours de plus sur place une fois ses obligations professionnelles accomplies. Or, si cette tendance est de plus en plus prégnante, elle doit être encadrée et clarifiée pour éviter toute mésentente ou incompréhension.

Le bleisure, une pratique ancienne qui se renouvelle

Historiquement, le bleisure était une démarche courante, mais parfois confidentielle, qui concernait surtout une poignée de cadres dirigeants. Il était alors fréquent après une mise au vert, un séminaire ou un déplacement important de profiter d'un peu de temps pour soi. Avec la démocratisation des voyages professionnels, les nouvelles générations lui ont donné un nom et l'ont popularisé.

Pour les entreprises, s'ouvrir au bleisure nécessite un temps d'adaptation, car c'est un changement culturel majeur. On craint toujours de « profiter  » d'un déplacement payé par l'entreprise. Une posture qui peut susciter jalousie et critiques si elle n'est pas partagée et clarifiée. Car le bleisure a de nombreux avantages. Il permet notamment à l'employeur de bénéficier de tarifs souvent plus avantageux pour les transports (décaler son vol retour un dimanche soir peut revenir moins cher qu'un vendredi soir). C'est aussi un moyen de fidéliser ses collaborateurs, de les rendre plus motivés et plus heureux, ce qui contribue à la performance de l'entreprise. Enfin, il faut aussi le voir comme une reconnaissance vis-à-vis des sacrifices personnels consentis par le collaborateur (fatigue, décalage horaire, organisation familiale bousculée, etc.).

Les enjeux du bleisure

Pour l'employeur, le risque principal lié au bleisure porte sur la sécurité des voyageurs et la responsabilité des entreprises. Sur le papier, l'employeur est responsable de son collaborateur en déplacement à partir du moment où il quitte son domicile, jusqu’au moment où il y retourne. Or, avec la tendance du bleisure, cette stricte définition s'applique plus difficilement. Non seulement la durée du déplacement est plus longue, mais en plus, une partie de ce déplacement n’est plus maîtrisée par l’entreprise. Lorsque le salarié est en mode bleisure, il n'est plus soumis à la politique de voyage interne ni à l’obligation de réserver les prestations via les canaux officiels de l’entreprise. Il pourrait même ne plus être couvert par l'assurance voyage professionnelle, ce qui soulève des questions en cas d'accident ou de problème - en particulier lorsque les séjours se déroulent à l'étranger.

Comment gérer le bleisure pour les entreprises ?

Face à cette tendance, les entreprises doivent donc s'organiser. Elles peuvent soit avoir une position très ferme en interdisant le bleisure, même si cela peut avoir des répercussions sur sa culture interne, sa marque employeur et l'ambiance de travail; soit tenter de l'encadrer. Finalement avec le bleisure, on retrouve les mêmes problématiques qu'avec l'émergence des réseaux sociaux à la fin des années 2000. Au départ, on consacre du temps et des ressources à tout interdire, puis on s'ouvre peu à peu, une fois que l'on intègre mieux les finalités, le potentiel et les impacts.

Pour le bleisure, il est souvent nécessaire de revoir sa politique interne. C'est, en effet, elle qui pourra expliquer et définir les grands principes appliqués en entreprise. Le mieux restera toujours d'encadrer et de faire preuve de pédagogie (tant envers les salariés qu'envers les cadres dirigeants) plutôt que de blâmer.

La question de la dualité des dépenses est alors cruciale. Il est nécessaire de distinguer ce qui dépend directement du cadre professionnel par rapport aux dépenses d'agréments. Cela peut signifier deux notes d'hôtel différentes pour une même chambre par exemple. L'intégration d'une application mobile de frais de voyage est un gain de temps important pour le bleisure. Ainsi, tout ce qui est lié au contexte professionnel est immédiatement intégré dans l'application grâce à la possibilité de photographier ses reçus et d'en faire des lignes de dépenses professionnelles, alors que les dépenses personnelles seront gérées à part. Pour éviter toute tentative de fraude, la prudence doit donc être de mise et les notes de frais soigneusement contrôlées, approuvées et validées.

Enfin, l'entreprise peut souhaiter renégocier ou revoir certains contrats d'assurance. Parfois, elle peut prendre à sa charge la couverture assurantielle sur l'ensemble du séjour, ou proposer à son salarié de payer la part qui lui revient au prorata de son temps personnel sur place.

 

Si le bleisure peut sembler apporter plus de contraintes que de bénéfices à court terme - en particulier en raison des procédures à mettre à jour et des nouvelles pratiques à adopter, il ne faut pas oublier les avantages qui en découlent. La performance, la motivation, la fidélisation et l'impact sur la marque employeur sont aussi des indicateurs qui se mesurent sur le long terme.

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